Le thigh gap est un nouveau mode de vie que les jeunes femmes associent à un critère esthétique. Il est synonyme d’extrême maigreur, et on l’associe souvent à l’anorexie mentale.

Avoir un thigh gap est un espace important entre les cuisses, qui pieds serrés, ne se touchent pas. Cet aspect s’obtient avec une perte de poids excessive entre 20 et 25 kilos et chez les personnes jugées déjà très minces. Au moment de la puberté, le thigh gap est naturel. Le basin commence à s’élargir, alors que les jambes sont encore fines. Durant cette période, on peut observer un écart entre les cuisses. C’est en avançant dans la puberté que les tissus adipeux se répartissent au niveau des hanches et des cuisses jusqu’à former un galbe. Rares sont les femmes qui gardent un creux entre les cuisses.

Les personnes souffrant d’anorexie mentale sont les premières touchées par ce mode de vie. En effet, les anorexiques ont besoin d’avoir des preuves de leur maigreur en affichant zéro rondeur, que leurs os apparaissent, mais aussi par le thigh gap.

Pour y parvenir, régimes restrictifs, frustrations alimentaires, exercices physiques intenses qui ciblent les cuisses sont mis en place pour afficher l’écart le plus prononcé possible, en montrant des photos et en les diffusant sur des blogs, et des réseaux sociaux.

La perspective de plaire et séduire est altérée par le besoin d’appartenir à un groupe ou à une communauté. Ce n’est pas une question de beauté, mais d’une prise de contrôle, une envie de se surpasser, tout comme la personne souffrant d’anorexie mentale. Contrôler son image, tout comme on contrôle son poids et son corps résulte d’une immense souffrance psychique.

Malgré des risques très importants pour la santé, le phénomène grandit et alimente les réseaux sociaux. C’est le mannequin britannique Cara Delevingue qui est souvent cité par les jeunes filles désireuses d’attendre des cuisses fines et minces. Mais il ne faut pas oublier Kate Moss, Victoria Beckham…

 La médiatisation du mouvement a permis aux pouvoirs publics de se rendre compte de l’ampleur du thigh gap en fermant de gros sites. Mais la population féminine subit une grande pression, car l’apparence physique est déterminante pour l’avenir. La minceur est synonyme de beauté, maitrise, et volonté. À l’inverse, l’obésité est embarrassante et représente la paresse, et le manque de volonté. C’est pourquoi le culte de la minceur possède une capacité à se renouveler (pro-ana, thigh gap, les clavicules bien visibles…)