Pour déceler l’anorexie mentale, l’entourage doit faire preuve d’observation, vis à vis de la personne malade, en regardant ses moindres faits et gestes. Quels sont les signes physiques ? Psychologiques ? Quelles sont les répercussions de ces signes sur la vie de l’entourage et de la personne malade ?

L’image que l’adolescente a d’elle-même se modifie au cours de la puberté. Avec l’âge, elle voit son corps se transformer et a du mal à faire face à sa morphologie changeante. C’est à partir de ce moment, qu’elle ne supporte plus une ou plusieurs parties de son corps, elle se trouve laide et difforme ; c’est ce qu’on appelle la dysmorphophobie.

Avant toute chose, les signes de l’anorexie mentale sont variables, et très spécifiques. Comment savoir si une jeune femme en souffre ?
Les premiers signes sont :

– Une restriction au niveau de tous les aliments et des boissons sucrées, c’est-à-dire une faible dose d’apports nutritionnels (qu’ils soient faible ou riche en calories) jusqu’à l’absence de ceux-ci.
– Un tri des aliments : au début, la personne va privilégier les légumes et éliminera les féculents et les lipides. Petit à petit, la mastication se fera lente à chaque bouchée, et laissera pratiquement tout dans l’assiette.
– Saute des repas : pour y arriver, elle invente des excuses à sa famille. Par exemple : j’ai déjà mangé, des douleurs abdominales…
– Une indifférence à l’envie : les petits encas sucrés ne lui donneront plus envie, elle se tournera pour un fruit par exemple à indice bas en calories.
– Un calcul draconien des calories : chaque bouchée est calculée et souvent il y a une prise des repas seule et à heures fixes. La quantité de calories dans la journée ne dépassera pas 300 cal.
– La pesée est quotidienne jusqu’à 5 ou 6 fois dans la journée : la perte de poids la réconforte, mais s’associe à la panique de la moindre prise de grammes qui sont source d’anxiété et de panique.
– À l’inverse de la nourriture, les liquides (café, thé, eau) sont quant à eux consommés sans modération avec la présence ou non de laxatifs et de diurétiques. L’objectif ? Se purifier, éliminer, mais aussi se remplir l’estomac pour repousser la sensation de faim.

La dénutrition provoque un chaos hormonal ce qui entraîne une disparition des règles. Souvent, celles-ci disparaissent quand l’IMC est en dessous de 18,5.

D’un point de vue psychologique, les personnes qui souffrent d’anorexie mentale présentent des symptômes qui sont bien identifiés :

– Manque de confiance en soi et de l’estime de soi
– Besoin de contrôle
– Rejet de l’image féminine
– Peur d’être jugée par autrui
– Sentiment d’impuissance face à sa vie : amour, profession, guérison…

Puis, vient l’isolement social, elle s’en ferme sur elle même, ne sort plus avec ses amis, car elle se sent incomprise. Alors surviennent des tensions entre son entourage et son groupe d’amis jusqu’à s’isoler, car elle ne supporte plus le regard des autres. Cet isolement va provoquer des modifications de caractères et d’humeur. Avant la maladie, la personne était souriante, active, disponible, puis elle devient hostile, boudeuse avec des excès de colère et de dépression.

C’est là où arrive l’hyperactivité intellectuelle et/ou physique. La pratique du sport à outrance est une liberté, mais son objectif change tout le temps, car elle ne se trouve jamais assez mince. Plus elle se dépense, plus il y aura une perte de calories. Pour terminer, le plus souvent il s’agit de bon élève ce qui peut masquer le danger dans lequel il tombe.

Ainsi, les personnes malades ont beaucoup de mal à se rendre compte de leur propre condition, que l’anorexie mentale est entrain de s’installer petit à petit. Malgré de nombreuses remarques de leur entourage. L’aide que celui-ci veut leur donner est refusée, car pour elles, elles ne sont pas malades et encore moins anorexiques. C’est ce qu’on appelle le déni.