L’anorexie mentale était considérée comme un problème purement féminin. Pourtant, cette obsession de minceur prend de l’ampleur auprès la gent masculine.

L’anorexie mentale ne concerne pas uniquement les femmes mal dans leur peau. En 2013, une étude menée par l’hôpital pour enfants de Boston a publié une recherche qui révèle qu’un tiers des hommes souffriraient d’anorexie. Les troubles alimentaires des hommes se seraient tellement développés avec le terme « manorexie » qui a vu le jour.

Durant cette étude, 5 527 garçons âgés de 12 à 18 ans ont été interrogés sur leurs pratiques alimentaires, sur la perception de leur image corporelle et sur leur comportement dangereux (drogue et alcool). Il en découle que les hommes sont boulimiques à 38%. Ils ne se privent pas d’alimentation, mais se font vomir et consomment des laxatifs, car ils sont rongés par la culpabilité.

Les troubles alimentaires des hommes et des femmes sont bien différents. En effet, la première préoccupation féminine est la minceur, alors que chez les hommes c’est le manque de musculature. Étant leur inquiétude, les hommes consomment des suppléments alimentaires (hormones de croissance, stéroïdes) pour prendre du muscle, mais la répercussion sur l’organisme est encore méconnue.

Avec des pratiques dangereuses, il est facile de tomber dans une spirale infernale. En effet, ils seraient plus nombreux à consommer de l’alcool et de la drogue en quantité excessive  à cause des substances psychoactives.

Les symptômes de l’anorexie mentale chez les hommes sont :

  • La perte de poids rapide => souvent l’adolescent est en surpoids ou obèse et retrouve une silhouette fine en quelques semaines. C’est à partir de cet instant que l’engrenage de l’anorexie nait.
  • La pratique de sport excessive avec 5 à 6 heures de sport par jour.
  • Et une dysmorphophobie : perception anormale du corps. Il trouve ses cuisses trop grosses, son ventre est trop gras. Cependant, l’homme anorexique se préoccupe de plus en plus de son apparence, ce qui n’était pas le cas avant.

L’origine du « manorexie » est due aux magasines qui exposent des corps masculins sculptés, et fins avec des vêtements slim et jeans skinny. Mais cette pression que la société montre n’est pas le seul facteur. L’anorexie mentale est une maladie multifactorielle, c’est-à-dire qu’elle se fonde sur une fragilité personnelle avec des facteurs environnementaux, et sociaux qui la déclenche.

Une prise en charge tardive

L’anorexie mentale masculine est diagnostiquée tardivement, car les hommes ne s’en plaignent pas, car ils estiment que c’est une maladie de filles, mais l’entourage s’en aperçoit tardivement.

Le personnel soignant arrive à le dépister très peu, mais quand cela est fait souvent la personne se trouve en état jugé vital. Des complications sévères sont déjà observées comme une altération des reins, du foie, du cœur. La prise en charge doit être rapide et repose sur la psychothérapie et la réalimentation (reprise de poids).

 

Comme pour les femmes, la psychothérapie reste importante. Ses objectifs sont :

  • Encourager à la prise de poids
  • Accompagner dans la réalimentation qui a pour but de retrouver un poids adapté et de le maintenir. Celle-ci se fait de manière spontanée ou de façon artificielle à l’aide d’une sonde naso-gastrique.
  • Améliorer les symptômes psychologiques (anxiété, angoisse)
  • Et faciliter la guérison physique et psychologique

Quant aux thérapies cognitives et comportementales, elles ont pour but de renforcer l’acceptation de la prise des aliments. Et la psychothérapie familiale est plus efficace que la psychothérapie individuelle chez l’adolescent masculin.